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une guerre sans guerre

03.12.2007
Nei commenti, ho ricevuto questa lettera. La pubblico qui perchè la scrittura e l'anonimia fanno la nostra 'esperienza'. È una lettera a me 'indirizzata'; la rendo pubblica - con molto 'pudore' ed emozione - perchè di per se stessa 'pubblica': è stata scritta nei commenti. E forse perchè, più di ogni altra cosa, dice di me molte verità che spesso dimentico anch'io. Le lettere domandano risposta? Me lo sono sempre chiesto. Come rispondere a chi ti indirizza una lettera attraverso un'anonimia fondamentale per la scrittura stessa della lettera? Ci sono scritture che non domandano 'risposte' e, proprio per questo, sono anonime e, insieme, indirizzate. L'amicizia, come l'amore, hanno bisogno di una 'signature', di una firma, del nome vero, solo del nome? Davvero? Davvero no?  [26.11.07 - millepiani, ripensando ad Antonioni - Professione Reporter/The passenger]

"Une guerre sans guerre": una lettera

Je pourrais dire que tout ce que tu écris est une guerre, sans la guerre. On sait ça de toi la seconde fois que l'on t'approche, quand tu deviens proche, et qu'on passe de la socialité à l'amitié. On ne vient jamais vers toi solitairement. On vient vers toi parce que tu viens à nous. C'est la première phrase que tu dis. Tu dis qu'on n'est pas seul. C'est là que cesse la guerre et c'est là qu'elle commence. On sera forcément perdant parce qu'on sera dehors. Tu n'es pas notre dehors mais son exigence. Son instance. Tu ne laisses sans doute rien tomber. On vient vers toi avec toi. Tu n'es pas un compagnon mais le revers de la solitude. C'est ta guerre. Tu nous demandes de parler de solitaire à solitaire. Tu ne laisses jamais la solitude se taire. Tu ne nous la retires pas, mais quand on te connaît, la solitude n'est plus notre solitude, le silence n'est plus notre silence. Ils ne l'auraient jamais été, et pourtant ils le sont encore. Ils le sont parce que quelque chose sort de la veille. Ce n'est pas un éveil, ce n'est pas un sommeil. C'est un combat encore, et on ne cesse pas d'être nu. On veut, peut-être un temps, peut-être illusoirement, cesser la guerre, même sans la guerre, parce qu'on a un autre combat. Qu'il soit dedans ou dehors, à l'heure qu'il est, ça n'importe pas. Tu sais bien que le premier combat est celui pour l'issus. Tu le sais parce que ceux que tu approches ne sont pas des guerriers, mais des errants. Ils n'ont pas perdu la guerre avec toi parce qu'ils n'ont jamais voulu gagner la guerre. On se tutoyait parce que mon je était un cri. Ce n'était pas une passerelle, mais une ligne de vie. Je te dois le cri, chaque cri. Tu as fait cette dette en moi, mais aucune autre. Je ne reprends pas mes droits. J'aime en toi la guerre sans la guerre, et l'amitié.

anonime

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