animal/animale
De très loin, la rue semble interminable, interminable la marche, interminable le regard de très loin. A chaque pas, quand le poids du corps se concentre sur une jambe, un autre amène plus bas encore. Arrive alors le sentiment d’une longueur infranchissable. Arrive alors une séparation entre le regard et les pas, les uns tenus ferme par le sol, l’autre déjà ailleurs comme l’envol de l’animal.
Les pas regardent sous eux, le regard passe devant.
Encore : Il peut arriver aussi, lorsque les pieds n’ont en eux aucune destination fixe, lorsque l’élan diminue progressivement, que le corps, dans un geste d’instabilité, ne sachant plus comment faire, s’arrête, sans raison. S’arrête car poursuivre serait plus fou. Cette pose ressemble à celle de l’animal. Qui s’arrête et qui repart, car il faudra bien d’un moment à l’autre repartir.
Dans une torsion, l’animal, ce qui dans le corps ou par le corps, cherche. Fureter, renifler, gratter, de droite à gauche, puis revenant, fixer, avec une mobilité qui se méprend à la panique ou à l’inquiétude, seraient des manières de mouvoir le corps.
[julien - 17.04.07 // traduzione a venire]
