"Tous ensemble !" - L'editoriale di 'Le Monde' dopo la finale

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L'editoriale di 'Le Monde', su cui avrei molte cose da dire, ma non è nè il tempo, nè il momento.

"Plus encore que la défaite de la France face à l'Italie dans l'épreuve des tirs au but, au terme d'un match dominé par l'équipe tricolore, la sortie désastreuse de Zinédine Zidane, après son coup de tête volontaire à un joueur italien qui l'avait provoqué, illustre de façon presque caricaturale la fragilité des emballements sportifs. D'un coup une icône se brise. Un homme, fils d'Algériens de Marseille et d'origine modeste, porté au pinacle la veille par tout un pays, et admiré un peu partout dans le monde tant son histoire tient du conte de fées, devient d'un seul geste un contre-exemple pour les milliers de gamins des cités qui se rêvaient en futur "Zizou".

Pendant un mois, pourtant, la France presque entière a retenu son souffle, suspendue aux performances d'une équipe nationale qui a fait passer commentateurs et supporteurs des sarcasmes à l'enthousiasme. Jusqu'à la défaite finale au bout d'un parcours honorable, et au grand silence d'une nation qui s'apprêtait à faire la fête dans la rue.

Le plus remarquable dans cette Coupe du monde de football 2006 aura été, en effet, l'engouement qu'elle a suscité, plus fort encore qu'en 1998, alors même que les matches avaient lieu en France. Au point que la qualification en huitième de finale contre l'Espagne puis en quart de finale contre le Brésil a été accompagnée de manifestations d'allégresse dignes d'une victoire.

La France s'est ainsi montrée dans sa complexité souvent incomprise à l'étranger. Ce pays qu'on disait déchiré, effrayé par ses banlieues ghettos, tenté par des réactions racistes après les émeutes urbaines de l'automne 2005 applaudissait des deux mains une équipe "multicolore", noire pour une bonne partie. Mais 2006 n'est pas 1998. A l'époque, l'euphorie de la victoire avait créé l'illusion d'une France "black-blanc-beur", ressoudée par l'exemple de la fraternité sportive qui mène au succès. Huit ans plus tard, personne n'a vraiment cru qu'une victoire suffirait à faire oublier au pays ses démons et ses angoisses. Ciment national réunissant pour une fois le "peuple" et ses élites décriées, le foot a, malgré tout, été ramené à une plus juste place.

L'autre leçon de la fièvre collective du Mondial est une confirmation : le pays est à l'affût de toute occasion de participer à un engagement collectif, de se retrouver "tous ensemble", pour reprendre le slogan syndical de 1995. C'est à la fois une bonne nouvelle - les Français sont toujours prêts à croire à quelque chose - et une mauvaise : en dehors des compétitions sportives internationales, de quelques rendez-vous émotifs ou festifs, de manifestations de solidarité pour une partie du pays, la France ne sait plus pour quoi se mobiliser, et comment utiliser l'énergie collective dont elle peut faire la démonstration. "

Article paru dans l'édition du 11.07.06

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